« Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas d’un savant qui se tait » (Molière)

Posté par lespritailleur le 20 octobre 2009

Bienvenue à vous, voyageurs de la vaste toile du net !

Prenez votre temps pour parcourir ce blog et ses articles. Rien ne presse.

Au travers d’articles de presse mis en valeur, de  pensées concernant le monde dont nous sommes partie prenante, vous aurez parfois la sensation agréable de sentir que le « changement c’est nous ».Ce blog tentera de vous éclairer pour que nous soyons acteurs de notre vie, que nous soyons des vecteurs de progrès social.

Aller vers la liberté, la spiritualité, la solidarité,… Cela demande du courage et de la volonté, mais une fois accompli, vous deviendrez une personne neuve et un parfait témoin du possible, auprès de votre entourage.

Bonne lecture à vous !

 

Thomas Masson

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Une goutte d’eau dans un Océan

Posté par lespritailleur le 4 février 2011

Noyé dans le flot de l’humanité,

je suis une identité parmi cette multiplicité.

J’emprunte ma voie dans cette masse d’ego,

je suis tel le bigorneau, sa maison sur le dos:

j’avance avec recul,

essayant de prendre de l’altitude.

Toutes ces comètes humaines

 N’hûment pas qu’elles sont hors compète.

Toute cette ivresse de la vitesse empeste.

Ils se précipitent vers ce précipice,

au fond pourquoi se presser vers cet abisse ?

On se croise, on se frôle,

On se toise, chacun dans son rôle.

On s’évite, on se percute,

comme une fuite qui refuse la chute.

L’humanité est une somme d’individualités,

qui marche pour additionner ses intérêts.

La foule est une houle,

qui refoule ceux qui foulent

d’autres moules; ça fout les boules !

Moi je roule, je keep cool !

 

Thomas MASSON 

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États Généraux de l’ESS – (http://www.apeas.fr/Entretien-avec-Claude-Alphandery.html)

Posté par lespritailleur le 4 février 2011

Entretien avec Claude Alphandéry

A l’occasion de la préparation des États Généraux de l’ESS en Paca. Consultez également nos deux nouvelles rubriques consacrées à cette initiative et à l’action collective.

 


 

Portrait de Claude Alphandéry réalisé par Pascal Hennequin Portrait de Claude Alphandéry réalisé par Pascal Hennequin

Claude Alphandéry est Président du Labo de l’ESS dont les travaux ont abouti à la construction des États Généraux de l’économie sociale et solidaire (EGESS)

Pourquoi organiser des États Généraux de l’Économie Sociale et Solidaire ?

L’hyper-productivité et compétitivité de la fin des années 70 a abouti à un véritable déséquilibre structurel et a engendré un chômage de masse et un retour des inégalités. Les progrès libérateurs de mai 68 se sont transformés en un refus de la vie collective et de l’intérêt général. Une sorte d’utilitarisme s’est répandu. Le libéralisme extrême inaugurée par Thatcher qui prétendait aller encore plus loin dans l’essor du capitalisme a fini par envahir l’Europe. Il s’est traduit par une démesure extrême dans la recherche du profit et la compétitivité et s’est développé dans la négation des problèmes de cohésion sociale. Ce grand déséquilibre de l’économie ne pouvait que produire des crises à répétition dont nous connaissons la dernière depuis 2008 et dont nous ne sommes toujours pas sortis.

Face à cette situation, a émergé toute une série de contre points, d’initiatives, de contre pouvoirs. Ces initiatives se sont multipliées depuis 20 ans dans le prolongement et en renouvellement de l’économie sociale. Toute une série d’initiatives se sont construites à la fois pour combattre le chômage, via l’insertion par l’activité économique, pour mettre en place des services à la personne qui ne soient pas réservés aux personnes les plus riches (dans la mesure où l’État tend plus ou moins à se désengager et à passer la main aux services marchands), ou bien encore pour protéger l’environnement. On pourrait rajouter aussi les initiatives pour une consommation qui soit à la fois mieux maîtrisée du point de vue de la consommation mais aussi du point du vue écologique et des circuits de distribution. Et il y en beaucoup d’autres : dans le domaine culturel, de l’éducation populaire ou dans le domaine du tourisme responsable.

Toutes ces initiatives sont très diverses mais ont en commun d’être des projets certes économiques mais à finalité sociale et non à finalité lucrative, dont le fonctionnement est fondé à la fois sur une éthique et des pratiques démocratiques. Ce sont généralement des initiatives beaucoup plus localisées sur les territoires et beaucoup plus mobilisantes pour les citoyens qui se sentent partie prenante et qui ne subissent pas passivement) le marketing de la télévision qui nous pousse à consommer plus et à aller dans les grandes surfaces.

Donc toutes ces initiatives existent mais premièrement, elles sont très fragmentées et ponctuelles, et deuxièmement ,elles sont généralement marginales et très insuffisantes par rapport au besoin. Prenons par exemple la consommation bio par rapport à la consommation « générale » . Par ailleurs, l’opinion, parce qu’elles sont marginales et parce qu’elles sont fragmentées, a plutôt le sentiment que ce sont des initiatives réparatrices que des initiatives transformatrices.

Nous, nous sommes convaincus qu’il n’y a pas d’autres moyens de se sortir de cette situation de déséquilibre et de crises répétitives et de plus en plus lourdes ; de sortir de cette domination du capital financier que de développer au maximum, de donner toute leur place à des initiatives de ce genre. On ne sortira pas de la crise et des déséquilibres seulement par des mesures de régulation du capitalisme et de cantonnement des paradis fiscaux. On s’aperçoit bien que les tentatives faites depuis 2008 sont impuissantes devant les orientations générales du capitalisme et le pouvoir du capitalisme financier. Ceci est en train d’être compris, pas seulement par les classes populaires qui souffrent le plus, mais aussi par les petites et moyennes entreprises qui ne peuvent plus avoir accès au crédit et qui sont vulnérables devant un capitalisme financier qui entend prendre tout ce qu’il y a de profitable et laisse le non profit aux autres.

Claude Alphandéry Claude Alphandéry

Il y a une opportunité historique très forte à « faire sortir du bois » l’Économie Sociale et Solidaire, à montrer qu’elle existe, qu’elle peut changer d’échelle et qu’en changeant d’échelle et en lui donnant sa place dans l’économie d’ensemble, on change les formes de développement. On ne peut pas changer ces dernières seulement en instaurant des lois par le haut et en instituant une meilleure fiscalité ou de meilleurs services publics.

Mais pour que cette démarche ait des chances de succès, et qu’elle ne soit pas récupérée ou ré-appropriée par le capitalisme financier, il faut que les initiatives de l’ESS trouvent leur plein essor, changent véritablement d’échelle et trouvent leur place dans la société non seulement en se renforçant, mais par leur exemplarité, en forçant d’autres entreprises (notamment petites et moyennes), les collectivités locales, les établissement publics, à avoir plus de démocratie, plus de transparence, de meilleurs rapports avec les parties prenantes, un soucis de la cohésion sociale.

Le contexte de la crise actuelle, nous donne une chance de transformation véritable. Mais cette transformation ne peut pas être l’ouvrage d’un seul, il faut regrouper un certain nombre de gens qui ont des initiatives très diverses, leur montrer qu’elles sont inter-connectées, qu’il y a un lien entre elles et qu’on peut faire un certain nombre de propositions pour valoriser ce qui existe et le mettre en lumière aux yeux de l’opinion et des médias. Il faut donner les moyens à ces initiatives de se développer et jouer un rôle exemplaire dans le développement de l’économie qui passera par des phénomènes de croissance de certains secteurs et de décroissance d’autres secteurs.

Tout ceci a fait l’objet d’un long travail qui a duré plus d’un an et qui a abouti à ce qu’on appelle les « 50 propositions pour un changement de cap » qui sont en fait 64 propositions. C’est un travail d’identification de ce qu’on peut appeler l’ESS et d’analyse de ce que sont ses défis à la fois internes et externes. Défis internes parce que c’est une tension d’être dans une économie de la solidarité, il y a des risques de dérive constants et parce que c’est difficile de faire ce que l’on dit, d’être plus coopératifs que concurrents par exemple. Défis externes, car nous ne sommes pas sur le marché comme les autres, nous n’avons pas de capitaux, des marges de profit suffisantes et que nous manquons de ressources financières. Défis externes aussi parce que les gens sont imprégnés par le marketing, la télé, internet, autrement dit un environnement idéologique qui fait que les comportements sont difficiles à changer. Enfin, il y a un travail aussi de proposition vis a vis de l’État, des collectivités territoriales, des entreprises, des comportements individuels en matière notamment de consommation.

Après cette année là, nous nous sommes demandés comment aller plus loin à l’approche des élections présidentielles, comment faire rentrer tout ça dans le débat public ? Il nous a semblé qu’il fallait des États Généraux. On a un souvenir historique des États Généraux qui ont préparé la révolution française. Très franchement, les braves députés du Tiers-États qui ont arraché les États Généraux, ne pensaient pas à la République, ils pensaient à leurs doléances. Mais finalement ce sont souvent des événements qui apparaissent minuscules au départ qui créent des changement extraordinairement importants.

Les États Généraux, c’est un mouvement sur tout le territoire, long à préparer mais avec tout de même un point d’orgue qui n’est pas l’achèvement mais un événement majeur du projet qui aura lieu au Palais Brongniart en juin prochain, début de la campagne. Il faut que ce soit un événement choc suffisamment important pour impacter le débat d’idées mais aussi festif. Il faut aller au-delà de ce qui c’est fait jusqu’à présent afin de sortir de l’entre-soi, entre gens convaincus. Pour préparer ce grand événement, il fallait au fond faire comme ce qu’avaient fait nos ancêtres, pas des cahiers de doléances, mais des cahiers d’espérances pour une autre économie. L’objectif est de transformer des initiatives extraordinairement intéressantes en cahiers d’espérances susceptibles d’êtres diffusés, répliqués à droite et à gauche, d’être des éléments de point de départ pour une autre forme de développement suffisamment frappants et incontournables dans le débat politique. Pas seulement des revendications légitimes autour des retraites, des salaires mais qu’on montre qu’on ne peut pas changer de cap politique sans s’appuyer sur des initiatives qui sont « en-bas », que c’est ça le garant d’une politique différente. Nous avons besoin de le dire notamment à la gauche quelle qu’elle soit, qui a du mal à sortir de mesures qui tendent à défaire les dégâts d’une mauvaise politique poursuivie depuis 20 ans sans se rendre compte qu’il ne s’agit pas seulement de remplacer une fiscalité par une autre, de changer la proportion entre les salaires et les revenus du capital. Tout ceci est nécessaire mais le changement de cap ne se fera pas uniquement par des lois, ça se fera par la mise en oeuvre et l’amplification de toutes ces initiatives qui ont un autre sens que la recherche du profit.

L’ESS pour changer de paradigme ?

Ca permet de changer de modèle parce que ça change de modèle micro-économique. Le modèle macro-économique implique un transfert massif de productions futiles, inutiles voire nuisibles vers des services relationnels indispensables au mieux vivre. Ce transfert n’est pas évident. Il faut donc d’abord montrer que ça marche et que ça peut marcher à une échelle plus grande car pour l’instant ça fonctionne à petite échelle avec de « bons militants ». Tout le monde sait que dans une population, il y a 10 % de militants, de gens qui acceptent de s’engager et puis les autres qui vivent en fonction de ce qu’on leur présente. Ils ne sont pas forcement contre mais il faut qu’ils aient le sentiment que ça va changer en mieux leur vie. Le sentiment qu’ils ont en ce moment, c’est que leur vie change en mal. Il y a sans doute quelque chose à faire mais on n’a pas encore réussi à leur montrer qu’il y a un autre paradigme qui les ferait sortir de cette frustration et malaise permanent dans lequel ils sont.

Qu’est ce qui vous motive le plus dans l’organisation de ces États Généraux ?

C’est de rencontrer des dizaines de milliers d’acteurs qui font des choses, rencontrer des gens qui sont plein de courage, d’énergie et d’idées créatives. Puis, c’est d’arriver à faire jouer tous ces gens ensemble, ce qui a été l’objet du premier temps de travail autour des 50 propositions pour une autre économie.

Maintenant, l’enjeu est d’une ambition formidable. Non seulement ils jouent ensemble mais ça va frapper l’opinion. Chaque fois qu’on arrive à faire sortir dans les médias, jusque là très réservés, sceptiques, et indifférents, des pages entières sur l’ESS, on se dit qu’on est en train de gagner un peu de terrain.

Pour moi, qui ai une longue vie derrière moi et qui ai connu la résistance, la lutte contre la guerre d’Algérie,…, c’est moins spectaculaire mais c’est aussi moins facile d’une certaine façon, c’était plus facile les maquis ! Pas au début, bien sûr, où on n’était que quelques uns et où la puissance allemande était telle que les gens se demandaient ce qu’on pouvait faire, mais petit à petit les gens se sont dit que non seulement nous pouvions chasser les envahisseurs mais également créer un monde nouveau. On avait l’impression qu’on allait en sortir avec une vraie démocratie et pas avec la république bourgeoise de l’entre deux guerres. En un sens c’était plus facile que maintenant car l’ennemi était plus visible, alors que l’ennemi de maintenant est assez invisible. Certes on voit bien les terribles inégalités, les gens qui se renferment dans des parc à vidéosurveillance, les yachts, etc, mais finalement je ne suis pas certain que la plupart des gens soit choqué de ça. Ils ne sentent pas encore vraiment que cette façon de vivre est liée à leur propre situation.

Ce qui motive des gens comme moi c’est qu’on a le sentiment que c’est possible, qu’il y a des éléments dont on peut se saisir pour progresser. Edgar Morin dit que le pire est probable mais que le meilleur reste toujours possible. C’est vrai qu’aujourd’hui on a plutôt le sentiment que le pire est le plus probable quand on voit les choses se faire. Tant qu’on vit, on essaye de se saisir du possible. A un moment donné, on s’est demandé s’il ne valait pas mieux mettre les « cahiers du possible » plutôt que les « cahiers d’espérance » mais les cahiers du possible c’est un peu restrictif car ce que nous voulons c’est dépasser le possible, aller presque à l’impossible, à ce qui parait impossible mais qui ne l’est pas. Ces initiatives, c’est d’autres formes de maquis. La résistance c’est bien mais si on n’a pas une vision plus large de la société, elle est un cul de sac. Ce n’est pas suffisant de résister, il faut créer.

S’il ne fallait retenir que trois propositions parmi les 64 ?

Je serais tenté de dire qu’il y a quelque chose autour de l’innovation sociale par rapport à l’innovation technologique. Aujourd’hui tout tourne autour de la productivité matérielle et de l’innovation technologique : la politique des États, des entreprises, la géopolitique. Mais le monde a besoin d’innovations sociales parce qu’on ne sait pas encore très bien vivre dans les villes, comment concilier la recherche du bonheur individuel et l’intérêt collectif. Comment le traduire en terme politique ? C’est ça qui est difficile.

Il y a aussi quelque chose autour de la qualité du travail, qu’est-ce que le travail dans la société d’aujourd’hui ? Certes le plein emploi, mais quel plein emploi ? Quel rapport entre travail salarié et activités personnelles ? Ce deuxième chantier est essentiel.

Un troisième thème serait le rapport entre la mondialisation et le local, le territoire. Le problème c’est qu’on est dans un monde qui ne peut plus se refermer et qu’on vit sur un territoire. Comment relier cette économie territoriale et cette économie mondialisée ? Qu’est ce qui reste du rôle de l’État nation ? Est-ce qu’il n’est pas là pour pouvoir organiser les flux convenables entre le territoire et le monde ?

Ce sont plus des grands axes de travail que des propositions. En tout état de cause, il faut revenir sur toute une série de régressions. Il y a de toute évidence des problèmes de fiscalité. On ne fera rien de bon si on ne se débarrasse pas des niches fiscales. La première chose à faire serait de récupérer l’argent qui a été donné aux plus riches mais de savoir bien s’en servir pour l’innovation sociale, pour la qualité du travail et le bien être des territoires. Je trouve que c’est ça qui risque de passer le mieux dans le débat public.

Rôle des monnaies complémentaires dans ce changement de cap ?

Elles jouent un rôle considérable. Pour développer des échanges, il faut de la monnaie. Les banques sont créatrices de monnaies pour des échanges productifs qui rentrent dans le système que nous connaissons. Quand on veut développer des échanges de services, de la réciprocité ou même si ce n’est pas de la réciprocité et qu’on veut faire des échanges commerciaux sur des biens plus utiles (par exemple l’agriculture biologique, le commerce équitable, l’éco-construction), on a du mal à faire réagir les banques. On peut parfaitement sur un territoire créer des monnaies qui peuvent avoir deux bases, deux supports : l’un c’est le temps, l’autre c’est l’euro.

Telle municipalité ou telle région peut considérer qu’elle met 1 million d’euros dans son budget sous forme de monnaie complémentaire. C’est possible dans la mesure où elle circule ; cette monnaie ne peut pas être thésaurisée car elle est fondante donc elle circule plus vite et en circulant, elle crée des biens et des services et n’engendre pas d’inflation car elle est en contre partie d’euros prélevés sur le budget de la commune. On peut parfaitement imaginer qu’avec 100 000 euros dans un arrondissement de Paris, se développe toute une série d’échanges de services y compris de services sociaux assurés par la mairie : la médiathèque, le vélib, la piscine, la cantine, les crèches,… il y a une quantité de choses qui peuvent être payées en monnaies complémentaires avec les moyens informatiques d’aujourd’hui. On peut faire des tarifs différents suivants l’âge, le revenu, le nombre d’enfants. Pour que ça marche, il faut qu’il y ait une action militante très forte. Il y a un seuil du nombre de militants à franchir. Il y a des pays d’Amérique latine, en Bavière, en Belgique où les choses sont parties plus vite mais en France, les initiatives se multiplient, on n’est pas loin, c’est imminent.

Comment expliquez-vous l’émergence de la société civile depuis ces 30 dernières années ?

Elle a eu du mal à émerger ! D’’une certaine manière, elle a émergé en 68 mais sur des problèmes uniquement sociétaux et pas économiques : la peine de mort, l’avortement, le droit des femmes, des enfants, une autre forme d’éducation, des lycées ouverts mais en matière économique, l’autogestion a été très faible, les exemples ont plutôt mal tournés, je pense notamment à LIP. On ne peut pas dire qu’il y ait eu des transformations profondes. C’est seulement dans les années 80, après le choc pétrolier, que s’est développé un très fort mouvement associatif. Après les « Trente glorieuses » ont succédées les « Trente douloureuses ». C’est pendant cette période que la société civile a émergé. A ce moment là, les citoyens ont pris conscience de leur pouvoir sur l’économie et se sont dit « l’économie c’est nous ».

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A tous ceux qui ont le style-haut

Posté par lespritailleur le 2 février 2011

Des mots contre des bas.

Des mots pour des débats.

Mes écrits sont des cris,

pour que ce monde soit décrit.

 

C’est le choix de la plume,

contre la loi de l’enclume.

Ces lignes, ces papiers,

sont crées pour ne pas perdre pied.

 

Rédiger pour laisser une trace,

c’est se laisser diriger par la grâce.

C’est dénoncer, sans jamais renoncer,

c’est partager, pour ensemble avancer.

 

Mes notes dénotent l’envie désinvolte

de faire partie d’un peuple sur volts

que l’injustice révolte.

 

A tous ceux qui ont le style-haut,

que votre inspiration n’expire pas de si tôt.

 

Thomas Masson

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« Lettre aux Français », écrite par Maurice Allais (source: tree2share.org)

Posté par lespritailleur le 24 janvier 2011

 » Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

 

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé “des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

 

Il faut délocaliser Pascal Lamy !

Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résultent des délocalisations elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

 

Un protectionnisme raisonné et raisonnable

Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

 

Crise et mondialisation sont liées

Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

 

Un prix Nobel… téléspectateur

Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.

Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel… téléspectateur. Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

 

Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

 

Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

 

Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs. »

 

Maurice Allais.

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Lettre à un SDF (Guéorgui Gospodinov) – Article du Courrier International p. 50, n° 1054

Posté par lespritailleur le 18 janvier 2011

« Cher…

je laisse ces points de suspension parceque je ne connais pas ton nom, ni ton adresse postale – tu n’en as pas d’ailleurs. Que va-t-il se passer si j’adresse ce pli au « sans-domicile-fixe du square derrière l’église russe de Sofia, troisième banc à gauche »?
 Est-ce qu’un postier fera l’effort d’y déposer ma lettre ? J’en doute. C’est pour cela que je la publie ici, dans l’espoir secret que par des voies impénétrables elle arrive un jour jusqu’à toi.Car, où que tu sois, cher sans-domicile-fixe, cette lettre est pour toi. Toi qui traînes dans les squares et les passages souterrains de Sofia; toi qui grelottes en ce moment devant la gare de Friedrichstrasse à Berlin – je ne t’ai pas oublié. Toi, cher SDF, croisé sur cette petite place à Rome, près du Colisée, la Piazza della Madonna dei Monti. Toi et tout ton groupe bruyant – je vous ai rencontrés un matin sur le terre-plein du boulevard Richard-Lenoir à Paris.Vous veniez de ranger vos matelas et vous buviez à même la bouteille votre première gorgée de vin de la journée tout en jouant à la pétanque. (…).Lorsque cette lettre vous parviendra, Noël sera sûrement déjà. Mais pas l’hiver.

Voilà j’écris cette lettre de Bulgari, où j’ai une maison; un boulot aussi, d’une certaine façon. J’ai commencé à m’émouvoir du sort des SDF il y a une dizaine d’années. Chaque fois que je les vois, je me fige dans la rue. L’un d’eux est devenu le héros d’un de mes romans: c’est le SDF qui passe ses journées sur une chaise à bascule. Je lui ai donné mon nom.

Chaque fois que nous célébrons la tombée de la première neige (…), je pense aux SDF. (…). Je marche maintenant lentement le long de la rue Graf Ignatieff (…) à travers tout ce kitsch commercial, entouré de Pères Noël mécaniques qui gigotent. La rue est bondée de personnes qui font leurs courses. Je trouve que l’Homo shopping est une espèce biologique à part, une sorte de régression temporaire dans la nature humaine. »

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Une droite par Sar(K.O)

Posté par lespritailleur le 13 janvier 2011

Cette droit bien maladroite,

mérite une patate en pleine droite.

Elle change de cap, zape,

comme Brachetti change de sapes.

Elle crise,

exhorte au feu,

L’attise

comme pas deux.

 

Parcequ’elle ne vaut rien

Elle va dans le ravin.

Cette droite se voile la face,

sur cette France à voiles.

Elle discrimine et stigmatise

Mine de rien ça nous divise.

 

La droite ne l’est pas.

Elle déraille pas à pas.

La droite de Sarko saque de haut,

La droite de Nicolas

nie les coups bas.

 

Quelle peine de voir cette haine

qui mène si proche du F.N

La droite impose,

le peuple implose.

La droite s’attaque aux faibles,

Elle matraque la plèbe.

 

La droite est maligne,

Car sur ma ligne de télévision

Elle manie avec précision

L’art des peurs indignes.

La droite boîte

Son monde de château de carte

Éclate et devient disparate.

 

A bâtir sur du sable,

Cet empire  s’effrite de manière incontrôlable.

Sans ses idées futiles et volatiles,

La droite aurait pu être indélébile

Et être solide comme du marbre.

Mais maintenant range ton sabre,

Quitte cette place que tu confonds avec un ring,

La France demande un nouveau lifting.

 

Thomas Masson

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La société télévisée

Posté par lespritailleur le 9 janvier 2011

Ce petit rectangle noir…

Notre nouvelle fresque des cavernes.

Ses images sont captivantes. Et comme l’animal aveuglé par des phares, nous sommes absorbés par son contenu.

Quand on l’allume, comme par enchantement tout se débranche en nous. On ne pense plus, on ne se parle plus. Quel bonheur !
Cette lucarne magique nous divertie, nous relaxe, nous apaise.
En plus, elle nous propose de vastes contenus, d’innombrables sujets, d’infinies problématiques, de multiples chaînes, d’insondables flux d’informations.

Tout de même, vient à moi une question: en tant que individus, sommes-nous câblés pour ingurgiter autant d’éléments ?

Je trouve cette inactivité dangereuse. Car elle nous coupe de la réalité et nous rompt avec le monde qui nous entoure.
J’insiste sur le fait que nous sommes envahis par des nouvelles instantanées et illimitées qui ne sont ni pensées, ni réfléchies, ni digérées. Dans cet impératif de l’immédiateté, les dangers sont néfastes. En effet, par la force des choses, nous apprenons à nous en distancer et à nous en désensibiliser. A force de drames quotidiens, tout devient banal. C’est grave.

J’appel à ce que nous résistions à la tentation d’être englouti par ce trou noir, en étant des êtres humains sensibles, impliqués, réfléchis dans la vie RÉELLE !

 

Thomas Masson

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Trouver sa place dans ce monde de glace

Posté par lespritailleur le 9 janvier 2011

Mon coeur souffre d’effroi.

Trop de malheur, de haine et de guerres je vois.

La couleur de peau à plus d’importance que la couleur des yeux.

Beaucoup de comportements sont odieux.

La satisafaction de l’égo l’emporte sur le respect d’autrui.

Et ce monde matérialiste s’autodétruit.

Nous pouvons construire des ponts de réunification,

Au lieu de bâtir des murs d’oppression.

Ne cherchons plus le paradis céleste,

Faisons de notre vie, le paradis terrestre.

Nous avons besoin d’amitié et de solidarité,

pour que le malicieux ne l’emporte plus sur le nécessiteux,

pour que le plus fort n’affaiblisse plus le plus faible.

En donnant de notre personnalité,

en persevérant sur ce souhait audacieux,

l’équilibre peut être établit à petite échelle.

 

Thomas Masson

 

 

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Nkosi Sikelel’i Afrika

Posté par lespritailleur le 8 janvier 2011

« Je dis que nous aurons toujours une criminalité indigène, tant que les indigènes de ce pays n’auront aucun but digne de leur travail. Car c’est parce qu’ils ne voient devant eux ni but, ni récompense qu’ils s’abandonnent à l’alcoolisme, au crime et à la prostitution. Que préférons nous, une communauté indigène respectueuse des lois, diligente et ambitieuse, ou bien hors la loi, paresseuse et sans ambition ? La vérité est que nous ne savons pas, car nous redoutons également les deux choses. Et aussi longtemps nous hésiterons, aussi longtemps nous paierons chèrement le plaisir douteux de ne n’avoir pas à prendre de décision. Mais la solution ne trouvera pas, sauf à titre tout à fait provisoire, dans un renforcement de la plocie pour nous protéger. »

(…)

 » Ils disent qu’une main-d’oeuvre pauvrement payée fait une nation pauvre et qu’une main-d’oeuvre plus prospère ouvre de plus larges marchés et un plus vaste champ d’activité à l’industrie. Et d’autres disent que c’est un danger, car la main-d’oeuvre mieux payée ne se contentera pas d’acheter davantage, mais aussi lira davantage, réfléchira davantage, exigera davantage, et n’acceptera pas indéfiniment de se taire et de se voir maintenue dans une situation inférieure.

 

Alain Paton, Pleure ô pays bien aimé, Le Livre de Poche.

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Copenhague – Décembre 2009 (www.copenhague-2009.com)

Posté par lespritailleur le 26 novembre 2009

 

« Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits. »

 

 

Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

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