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« Libérons nous de l’hyper consommation » (Amitaï Etzioni, extraits du Courier International, Hors série de Octobre, Novembre , Décembre 2009)

Posté par lespritailleur le 20 octobre 2009

« (…)La crise doit nous amener à nous interroger: quand les économies anglaise et américaine auront redémarré, reprendrons nous nos vielles habitudes ou devrons-nous plutôt envisager un autre mode de vie(…)? (…) A quoi allons nous consacrer notre énergie à l’avenir? Pour quoi travaillerons nous, et que ferons nous de notre temps libre?(…)Que faut-il changer aujourd’hui?

Selon moi, il faut éradiquer ou, à tout le moins, largement tempérer cette obsession de l’achat qui est devenue le principe organisateur de la vie occidentale. L’hyperconsommation ne se confond ni avec le capitalisme, ni avec la consommation. Pour bien comprendre pourquoi, on peut se référer à la fameuse hiérarchie des besoins humains définie par le psychologue américain Abraham Maslow (1908-1970).
Tout en bas de la pyramide se trouvent les besoins physiologiques (l’eau, la nourriture) et, au dessus, la sécurité et la protection. Une fois ces besoins satisfaits, l’être humain tire satisfaction des sentiments de reconnaissance et d’affection (amitiés, etc.), d’estime de soi (réussite, respect par autrui) et enfin d’accomplissement (créativité, sens moral). Tant que la consommation est destinée à satisfaire les besoins les plus basiques, elle est parfaitement distincte de l’hyperconsommation. Mais, lorsque l’acquisition de biens et de services se subtitue à l’objet spirituel, transcendent, des besoins supérieurs, la consommation devient hyperconsommation (…) {qui} se transforme en maladie sociale.

Le lien avec la crise économique actuelle est évident. Dans une culture où l’envie impérieuse de consommer domine la psychologie des citoyens,les gens sont prêts à tout pour se donner les moyens d’acheter: trimer comme des esclaves, faire preuve de rapacité au travail et même enfreindre les règles pour maximiser leurs gains.
(…) L’économie capitaliste doit permettre de trouver un nouvel équilibre entre la consommation et d’autres formes d’accomplissement.

(…) Plusieurs études ont révélé que, dans le pays où le revenu annuel moyen par habitant est supérieur à 20 000$, il n’y a aucune corrélation entre l’augmentation des revenus et le bien-être des populations.
Ces travaux indiquent en outre qu’une grande partie des habitants des pays capitalistes se sentent insatisfaits, quel que soit leur pouvoir d’achat, parce que des personnes gagnent et dépensent encore plus qu’eux. Ce n’est pas la privation objective qui compte, mais le sentiment relatif de privation.

Il faut voir {dans la crise économique} l’occasion rêvée d’aider les gens à comprendre qu’une consommation réduite ne reflète pas un échec personnel. (…) Nous avons besoin d’une culture qui célèbre l’épanouissement de l’être autrement qu’à travers les achats. A cet égard, les expériences transcendantales et communautariennes
Le communautarianisme consiste à investir du temps et de l’énergie dans ses relations avec les autres (…). Il implique également une contribution au bien commun (…).
Les quêtes transcendantales se réfèrent à des activités spirituelles et non fonctionnelles, notamment religieuses, contemplatives, artistiques et même sportives.
constituent des solutions évidentes.

(…) Ceux qui embrasseront un mode de vie plus simple, réaliseront vite qu’ils peuvent se sentir parfaitement satisfaits même s’ils renoncent à une grande part de leur richesse excédentaire.
La crise économique doit effectivement conduire à une transformation culturelle via un processus que j’appelle mégalogue moral: un dialogue de masse sur ce qui est juste ou erroné. Dans un mégalogue, des millions de de membres d’une société échagent leur point de vue (…) et produit au fil du temps des changements dans les comportements et dans la culture (…) ».

 

Une Réponse à “« Libérons nous de l’hyper consommation » (Amitaï Etzioni, extraits du Courier International, Hors série de Octobre, Novembre , Décembre 2009)”

  1. Article très dense.
    Ce que j’ai aimé c’est de savoir que nous sommes peut être à un tournant dans notre manière de vivre.

    Avec la crise actuelle qui est économique, sociale, écologique,etc. nous constatons les limites du progrès. Si nous n’humanisons pas nos rapports à l’autre, à notre manière de consommer, de travailler, nous allons droit dans le mur.
    Une entreprise n’a pas comme moteur d’être morale. Mais c’est à ses membres de l’être, en étant citoyen et responsable.

    A nous de nous approprier la destinée que nous souhaitons atteindre. En faisant entendre notre voix, en développant la coopération, en débattant, en se questionnant, c’est chose possible. Le pire étant non pas d’échouer, mais surtout de ne rien essayer pour changer ce qui nous déplaît.

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