Un exemple d’action pour limiter le gaspillage des grandes surfaces

Posté par lespritailleur le 16 septembre 2008

DES FILIÈRES COURTES CONTRE LES GASPILLAGES DE NOURRITURE
La grande distribution génère une grande quantité de nourriture jetée alors qu’encore consommable. Pour limiter ce gaspillage, une loi italienne, dite «du bon Samaritain», autorise depuis 2003 la distribution de produits alimentaires invendus à des fins de solidarité, en accordant des avantages fi scaux aux entreprises qui font des dons alimentaires aux associations à but non lucratif. LMM (Last Minute Market) se donne pour mission de mettre en relation les entreprises de la grande distribution qui doivent gérer les invendus alimentaires avec les administrations publiques et associations locales. C’est aussi un moyen de créer des fi lières de valorisation des produits invendus. Outre l’alimentaire, LMM s’occupe de la collecte et de la redistribution des médicaments en libre service auprès des pharmacies et des livres destinés à être pilonnés.

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Les banques alimentaires – Définition Wikipédia

Posté par lespritailleur le 16 septembre 2008

Les premières banques alimentaires se sont constituées aux États-Unis à la fin des années 1960. La première food bank ouvre à Phoenix (Arizona) en 1967. C’est à John van Hengel, bénévole dans une soupe populaire, que l’on doit la création de cette banque alimentaire. Apprenant que des commerces jetaient de la nourriture consommable à raison d’une péremption proche ou d’emballages endommagés, il persuada les commerçants de faire don de ces aliments à des fins humanitaires. Van Hengel parvint à collecter tellement de dons d’aliments que l’association dans laquelle il œuvrait ne pouvait plus gérer toutes ces marchandises. Il décida alors de créer un entrepôt central pour stocker ces denrées et auprès duquel les autres associations humanitaires de Phoenix pourraient venir s’approvisionner gratuitement. Cette toute première banque alimentaire est toujours connue sous le nom de « St. Mary’s Food Bank ». 

« Les Banques alimentaires collectent, gèrent et partagent des denrées alimentaires pour aider l’homme à se restaurer. Leur action se fonde sur la gratuité, le don, le partage, le bénévolat et le mécénat », telle est la définition donnée dans la charte de
la Fédération française des banques alimentaires.

En Amérique du Nord, en Europe, et plus largement dans tous les pays industrialisés, de telles associations sans but lucratif ont ainsi pour objectif la collecte d’aliments, de préférence non périssables, et leur mise à disposition gratuite ou quasi-gratuite aux plus démunis – essentiellement par le biais d’autres associations intermédiaires dans le cadre d’accords de partenariat. La finalité est en fin de compte de répondre à l’urgence sociale par l’aide alimentaire et de lutter contre le gaspillage des produits alimentaires pour nourrir ceux qui ont faim.

           -Les banques alimentaires interviennent sur le terrain de la malnutrition dans les pays riches. Comment se fait-il que la question de l’accès à la nourriture se pose-t-elle encore dans des sociétés d’abondance matérielle ?

Selon le Secours populaire français, 2 600 000 personnes en France vivent de l’aide alimentaire distribuée par les grandes associations humanitaires (Secours populaire français, Banque alimentaire, Restos du cœur, Croix-Rouge française). Parmi ces personnes, on compte personnes âgées, travailleurs pauvres, sans-abri, handicapés, femmes seules avec enfants (souvent en bas âge), et aussi de plus en plus souvent des jeunes. En 2005, les banques alimentaires américaines ont permis de fournir une aide alimentaire à plus de 25 millions de personnes défavorisées (parmi lesquelles 9 millions d’enfants et 3 millions de personnes âgées). Selon Second Harvest, plus de 38 millions d’Américains connaissent une précarité alimentaire, ont faim ou risquent d’avoir faim.

Paradoxe des sociétés industrialisées, leur richesse croît globalement, elles produisent des biens en abondance, tandis que certains de leurs membres ont toutes les peines du monde à satisfaire un besoin pourtant de base, à savoir se nourrir convenablement. Comment expliquer cette situation paradoxale, absurde et injuste dans laquelle faim et gaspillage coexistent ?

-Creusement des inégalités, développement de la misère et des situations de pauvreté extrême. Il est avéré que la malnutrition est une des premières causes de dégradation physique et d’exclusion professionnelle. Manque de ressources, chômage, précarité et exclusion sont à l’origine de la malnutrition et de l’insuffisance alimentaire ; mais l’inverse est tout aussi vrai.

-L’exode rural et la concentration de la misère en milieu urbain rendent difficile tout repli sur des activités agricoles, et des moyens de subsistance traditionnels (jardins potagers).

-Les mécanismes de l’économie de marché aboutissent à des absurdités économiques et humanitaires. Des denrées sont gaspillées alors qu’elles pourraient être employées utilement. Les excédents agricoles, la surproduction des industries agroalimentaires, par crainte d’une chute des cours, aboutissent à retirer à la vente un nombre important de produits alimentaires pourtant tout à fait consommables. Des denrées disponibles sont donc interdites de fait à la consommation, dans la mesure où l’économie de marché ne dispense (par définition) les productions qu’aux consommateurs solvables.

Par quels canaux les banques alimentaires parviennent-elles à se fournir en denrées alimentaires consommables et de qualité, l’idée de base étant pour ce faire de contourner les mécanismes classiques de distribution marchande ? Les apports proviennent en très grande majorité de dons (gratuits, donc) et plus rarement d’achats à des prix inférieurs à ceux du marché (moins de 10% du tonnage en denrées provient d’achats en ce qui concerne le réseau américain Second Harvest). Les donateurs sont : 

-Le grand public : chaque année en novembre une collecte nationale de denrées non périssables est organisée auprès du public dans les magasins de grande distribution. Les bénévoles des Banques Alimentaires distribuent à l’entrée du magasin des imprimés expliquant quels produits doivent être achetés en priorité. Les clients remettent ensuite à la sortie les denrées ainsi achetées, qui seront ensuite stockées. Les produits demandés sont principalement : féculents (pâtes, riz), café, huile, thon, sardines, pâté en conserve mais aussi des aliments pour nourrissons (petits pots), 

-Les industries agro-alimentaires :
la FFBA a engagé des partenariats avec Bonduelle, Danone, Kraft, Lindt, Nestlé. Aux États-Unis, une réforme fiscale de 1976 favorise la donation par les entreprises de leurs produits aux banques alimentaires. Depuis, le fonctionnement et l’idée même des banques alimentaires sont bien acceptés par les industriels. 

-La grande distribution : des accords semblables ont été signés afin de collecter dans les grandes et moyennes surfaces des produits non périssables souvent invendables (non commercialisables car peu présentables par exemple). Cela s’inscrit dans le cadre d’une politique plus générale de lutte contre le gaspillage. 

-Les pouvoirs publics, principalement par l’ouverture de stocks agricoles. Le gouvernement américain fournit gratuitement ou pour un prix dérisoire des surplus agricoles aux banques alimentaires.
La Communauté économique européenne a ouvert, en 1987 suite à la demande de Coluche, les surplus de la Politique agricole commune aux associations fournissant l’aide alimentaire (les surplus coûtaient en effet plus cher à stocker qu’à distribuer gratuitement aux pauvres !). En France, ces surplus vont, outre à la Banque alimentaire, aux Restos du Cœur, à la Croix-Rouge et au Secours populaire. Les banques alimentaires contribuent ainsi utilement à la résorption des excédents de production agricole en en faisant bénéficier les plus démunis (principales denrées visées : lait, fruits, légumes, céréales). 

Les vivres collectés sont ensuite stockés dans des entrepôts de transit où ils sont conservés dans des bonnes conditions sanitaires. Le matériel de stockage, le système de gestion informatique, les élévateurs, les transpalettes, véhicules et fourgonnettes nécessaires à ces activités de stockage font aussi l’objet de dons de la part d’associations telles que le Lions Clubs ou le Rotary ClubLes banques alimentaires ne distribuent en principe pas directement les denrées aux populations démunies. Des associations locales au contact de la population s’en chargent. Cet approvisionnement des organismes humanitaires et caritatifs de terrain s’effectue dans le cadre de conventions. Toute l’année, les banques alimentaires approvisionnent gratuitement les associations humanitaires, les organismes sociaux adhérents ainsi que les centres d’entraide ou d’accueil agissant au niveau local. Ces lieux d’accueil et associations emploient ensuite ces denrées selon des modalités diverses : 

-Aux fins de préparer des repas chauds pour les sans-abri, ou bien des repas d’échange où bénévoles et bénéficiaires sont conviés (à Noël par exemple). 

-Préparation de colis de denrées pour les personnes ne pouvant se déplacer (personnes âgées). 

-Les denrées peuvent également servir à des associations de quartier en vue d’approvisionner des épiceries alimentaires (aussi appelées  » épiceries sociales « ), exclusivement ouvertes aux personnes dans le besoin

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Article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Posté par lespritailleur le 16 septembre 2008

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ».

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Widget Viadeo

Posté par lespritailleur le 8 septembre 2008

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Le temps de l’économie durable- Article du Monde, par C. Lepage

Posté par lespritailleur le 8 septembre 2008

En matière économique, la méthode Coué n’a guère d’efficacité. La récession à laquelle nous devons faire face devrait être l’occasion de mettre en place une révolution économique comparable à celle qu’a pu être, au moment de la crise de 1929, le New Deal. Certes, on pourrait objecter que ce n’est pas dans les périodes de récession que l’on peut changer les orientations, puisqu’il faut au contraire tout faire pour relancer la croissance, et par voie de conséquence privilégier les secteurs industriels traditionnels qui sont les plus conséquents en termes d’emplois.

Mais c’est précisément parce que nous sommes dans une récession dont l’origine est due aux comportements « anti-durables » des acteurs économiques (« anti-durable » étant compris comme l’antithèse de ce qu’une démarche globale et intégrant le long terme aurait induit) que le moment est venu de faire notre révolution.

Révolution énergétique d’abord, en tournant délibérément le dos à la société du pétrole. Cela implique d’employer toute notre capacité à continuer de réduire notre utilisation pétrolière, même si le prix du baril baisse. Rappelons que les ressources des sociétés et des Etats pétroliers n’ont jamais été aussi élevées, ce qui permet à ces derniers et à leurs fonds souverains de racheter à bas prix des pans entiers de l’économie occidentale.

Les comportements des consommateurs ont commencé à changer. J’ose espérer que les arbitrages budgétaires pour 2009 continueront à les encourager dans cette voie, non seulement par le système du bonus-malus (puisque le bonus a un effet incitatif en termes d’achat, ce qui n’est pas négligeable en période de récession économique), mais également par la généralisation des plans de déplacements, par la systématisation du covoiturage, par une véritable impulsion donnée aux transports collectifs et aux déplacements doux. Toutes les conséquences doivent en être tirées, notamment l’abandon de toute nouvelle voirie autoroutière, pour transférer les crédits correspondants sur le transport collectif.

Il faut également un changement complet de politique en termes d’aménagement du territoire pour rapprocher le domicile du travail, et favoriser les politiques de relocalisation que l’augmentation massive du coût de transport va enfin permettre. Le rapprochement des lieux de production des bassins de consommation va être rendu possible par un transport qui paiera la réalité de son coût et de son énergie. La réduction de notre dépendance énergétique passe bien sûr par une réduction massive de notre consommation énergétique indépendamment du transport. C’est l’occasion d’orienter les dépenses réduites des ménages et des entreprises non pas vers la consommation courante et inutile, mais vers des investissements générateurs d’économies pour les ménages et la collectivité.

C’est une véritable reconversion industrielle qui apparaît nécessaire pour rendre possible un développement durable individuel et collectif. Cela veut dire aussi sortir de cette contradiction totale entre la publicité (au sens traditionnel ou au sens politique du terme) en faveur du « toujours plus » et la conscience de plus en plus répandue de l’impossibilité du « toujours plus ». Le développement doit être sobre, c’est-à-dire offrir moins de produits et davantage de services.

Révolution alimentaire, également, en tournant le dos aux politiques suicidaires poursuivies dans les pays du Nord et du Sud. Celles-ci conduisent à une crise alimentaire dans les pays du Sud que les bonnes récoltes de 2008 ne suffiront pas à résoudre, à un renchérissement massif de l’alimentation dans les pays du Nord qui ne profite guère à l’immense majorité des agriculteurs et qui a conduit à une pollution pour des décennies des sols, des sous-sols et des eaux, notamment en France.

Même des organismes favorables à l’agriculture intensive, comme l’Institut national de la recherche agronomique, reconnaissent que le moment est venu de changer de politique : relancer l’agriculture vivrière dans les pays du Sud, abandonner des cultures déraisonnables compte tenu de leurs besoins en eau dans les pays secs, généraliser le système des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne afin d’ améliorer la qualité de vie des producteurs comme celle des consommateurs, utiliser la science, développer massivement les techniques de l’agriculture biologique et intégrée, réduire dans les villes du Nord la part carnée de l’alimentation au bénéfice des calories végétales.

Le renchérissement du coût de la vie et une meilleure information en termes de santé permettent aux consommateurs des pays riches de changer leur comportement. La crise alimentaire mondiale rend obligatoire pour les pays du Sud un changement de stratégie auquel tous les responsables des choix tragiques d’hier les invitent !

Révolution financière enfin, en sortant de la tragédie de l’immédiateté et de la cupidité qui veulent ignorer les conséquences à long terme, ignorance rendue d’autant plus facile que les conséquences en termes individuels apparaissent en règle générale inexistantes. Il est plus que temps que la pierre angulaire du libéralisme, c’est-à-dire la responsabilité, reprenne ses lettres de noblesse. Cela signifie que tout acteur économique ne serait plus assuré comme aujourd’hui de son impunité, voire de ses « parachutes dorés » en cas d’échec. Il serait au contraire assuré de sa responsabilité personnelle, ce qui impliquerait la prise en compte du long terme. De même, il est plus que temps de sortir d’un hyper-capitalisme financier qui tue l’économie réelle et se moque comme d’une guigne du long terme. C’est précisément en réintroduisant l’avenir dans les mécanismes financiers et dans les contrôles, qu’il s’agisse des règles prudentielles ou des limitations qui vont apparaître comme indispensables dans la liberté dont jouissent les fonds souverains par exemple, qu’une économie durable pourra se mettre en place.

En réalité, ce à quoi la récession nous appelle est une révolution des valeurs. L’effacement de l’avenir dans nos sociétés ? qui se traduit notamment par une hyper-matérialité, une valorisation extrême du court terme, voire de l’immédiat, est la cause de nos maux. Nous n’avons plus le choix d’un changement de paradigme. L’économie durable est le seul remède qui permettra à la planète à la fois de répondre aux limites physiques que rencontre la croissance et à la nécessité de permettre un développement harmonieux et plus solidaire de nos générations.


 Corinne Lepage, ancienne ministre, présidente de CAP21. Vice-présidente du MoDem. 

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Les émeutes de la faim-Article de Libération

Posté par lespritailleur le 8 septembre 2008

Week-end d’une planète en proie à l’insécurité alimentaire: manifestations au Bangladesh, où le sac de riz coûte la moitié du revenu quotidien; Premier ministre démis à Haïti, où un policier de l’ONU est mort; tensions au Burkina Faso à la veille d’une grève générale contre la hausse des prix… La crise va perdurer, martèle la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Les céréales, qui ont augmenté de 37 % en 2007, devraient encore flamber en 2008, entraînant «la multiplication des émeutes de la faim». 37 pays sont touchés. Voici les racines de la crise.

la mode des biocarburants

Le baril de pétrole au sommet (112 dollars) précipite la ruée vers l’or vert. L’Union européenne veut incorporer 10% de biocarburants dans la consommation totale d’essence et de gazole d’ici à 2020. George Bush, lui, rêve de voir 15% des voitures rouler aux biocarburants d’ici à 2017. Même les pays en déficit alimentaire, comme l’Indonésie ou le Sénégal, s’y mettent, sacrifiant des terres arables. Un emballement qui «a accru la demande de produits alimentaires», dit Bob Zoellick, président la Banque mondiale. «Entre 20 et 50% de la production mondiale de maïs ou de colza ont ainsi été détournés de leur usage initial», note le FMI. Et le cours du maïs, utilisé pour l’éthanol, a doublé en deux ans. «Si l’on veut substituer 5 % de biocarburants à l’essence et au gazole, il faudra y consacrer 15 % de la superficie des terres cultivables européennes», calcule l’Agence internationale de l’énergie. L’ère du pétrole cher provoque un autre dommage collatéral: l’explosion du coût du fret.

L’orgie de spéculation

Confession, vendredi, d’un économiste à Washington: «C’est de la folie! Le blé vaut de l’or!» C’est un autre effet pervers de la crise des subprimes. Essorés par le marché des crédits, les fonds d’investissement placent leurs billes sur les matières alimentaires. Soja, blé, maïs, voilà les nouvelles valeurs refuge ! Le riz bondit de 31% le 27 mars, après l’annonce par quatre pays de la suspension de leurs exportations au moment où les Philippines réclamaient 500 000 tonnes. «Les fonds s’engouffrent, achètent, et stockent», dit un intermédiaire. Le sénateur démocrate américain Byron Dorgan flingue «l’orgie de spéculation». Qui booste jusqu’à 10% du prix des denrées alimentaires. Walt Lukken, président de La Commodities Futures Trading Commission (CFTC), le gendarme des marchés des matières premières, s’en est même ému. A quand une (réelle) régulation?

Les effets de la libéralisation

«On nous impose, nous, poids plume, de boxer contre les poids lourds sur le ring commercial», nous confiait, il y a six mois, Jacques-Edouard Alexis, Premier ministre haïtien démis samedi de ses fonctions. «Les politiques de libéralisation à marche forcée, prônées pendant des décennies par le FMI et la Banque mondiale, ont contribué à rendre les pays pauvres encore plus vulnérables», dénonce Sébastien Fourmy, d’Oxfam. Et les petits fermiers du Sud se sont vus laminer par les produits subventionnés exportés par les pays riches (poulet, céréales, etc.). «Victimes aussi de leur propres gouvernements qui n’ont pas dédié (ou pas pu) une part de leur budget à la paysannerie», ajoute un expert de la FAO. Malgré les promesses, l’aide au développement des pays riches accuse une baisse de 8,4 % en 2007 (-15 % pour la France). «L’aide dédiée à l’agriculture est 50 % moins importante qu’en 1984», note Claire Meladed, de l’ONG Action Aid. La Banque mondiale veut doubler l’aide à l’agriculture en Afrique. Suffisant?

Les bouleversements du climat

Même l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’en alarme : les changements climatiques nuisent à la santé et à l’alimentation. «Sécheresse en Australie ou au Kazakhstan, inondations en Asie, ouragans en Amérique latine et un hiver record en Chine», égrène le Programme alimentaire mondial (PAM). Tendance lourde. D’autant que l’agriculture intensive joue contre l’environnement. Achim Steiner, patron du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), assure : «Dans les grands pays, on atteint des limites en termes de disponibilité de terres arables et d’eau, et de réduction de la fertilité des sols.» Mais il resterait une marge pour les petits paysans : «Si on fournit de bons engrais à 70 % de petites cultures, on peut doper la production de 20 %», note Gilles Hirzel, de la FAO. Sans céder au chantage des OGM…

L’évolution des MODEs DE VIE

Nourrir 60 milliards d’animaux à viande chaque année revient à produire autant de céréales que pour 4 milliards d’habitants. Rajendra Pachauri, prix Nobel de la Paix 2007, nous confiait: «Mangeons moins de viande, c’est bon pour le climat.»L’arrivée de néoconsommateurs des grands pays émergents complique les choses : «Ces classes moyennes consomment de plus en plus de poulet et de porc, eux-mêmes transformateurs de céréales», dit Pascal Lamy, patron de l’OMC. «Si les Chinois mangeaient autant de viande que les Américains, ils absorberaient 50 % des céréales mondiales», ajoute l’écologiste Lester Brown.

Inutile, pourtant, de verser dans le néomalthusianisme. Les agronomes l’assurent : la planète peut doubler ses productions pour alimenter les 9 milliards de Terriens en 2050. «A condition d’investir, d’innover, de réguler, et réfléchir», souffle un diplomate africain. «Et c’est pas gagné»….

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Le tourisme alternatif

Posté par lespritailleur le 8 septembre 2008

En atteignant 12% du PIB mondial et 8% de l’emploi (soit 200 millions de personnes concernées), le tourisme est devenu une activité incontournable de l’économie mondiale et ne cesse d’augmenter. En effet, le nombre de touristes est passé de  25 millions en 1950 à 700 millions en 2002, et l’Office Mondial du Tourisme prévoit 1.6 milliard de voyageurs en 2020.Depuis le début des années 80, les pays du Sud ont augmenté considérablement leur participation au tourisme international. Il est indéniable que le tourisme offre de nouvelles perspectives de développement et de créations d’emplois dans les régions pauvres et structurellement faibles. Sous certaines formes, le tourisme peut ainsi constituer un pôle essentiel de croissance pour nombre de pays en voie de développement.

Cependant les pays du Nord restent les principaux bénéficiaires (compagnies aériennes, tours opérateurs, chaînes hôtelières…) et le tourisme se développe trop souvent au détriment des populations locales dans les régions d’accueil quand il est mal maîtrisé (hyper concentration des infrastructures, renchérissement du foncier, sur exploitation, emplois précaires, travail des enfants, prostitution, hausse du prix de l’eau…). Si les bénéfices reviennent surtout à des acteurs du Nord, les maux du tourisme sont d’abord le lot des pays hôtes. 

Voici quelques exemples d’effets du tourisme de masse : Les effets négatifs du tourisme de masse résultent dans un premier temps du besoin de modifier l’espace pour la construction d’infrastructures de transport et d’accueil. Le paysage et la topographie du terrain sont altérés et la vie sauvage perturbée. 

Ensuite, les problèmes de dégradation environnementale sont causés notamment par : ·                             -    le trafic : l’augmentation de la circulation provoque des désagréments liés au bruit et à la pollution de l’air. 

·                             -    la consommation de ressources : un terrain de golf moyen en Thaïlande use autant d’eau que 60.000 habitants locaux par an… ·                                - la pollution : souvent liée aux moyens de transport, à l’utilisation de pesticides, au dégazage des bateaux de croisière, etc. De plus, la production de déchets est inévitable. Mal géré (égouts à la mer, déchets non collectés), le milieu se trouve irrémédiablement pollué. 

·                                - la perturbation de la nature : bruit, lumière et fréquentation des espaces sauvages, un cocktail qui trouble l’équilibre des écosystèmes locaux, allant même jusqu’à la destruction des espèces vulnérables de la flore et de la faune. Pressions sur les populations autochtones : Les populations locales accueillent parfois un nombre de touristes largement supérieur à la population autochtone. Ce flux touristique a, sans aucun doute, un impact socioculturel important. Sous l’influence des comportements du voyageur, le mode de vie et les traditions se voient modifiés. Sans parler de la consommation excessive des ressources naturelles qui entraîne la détérioration du niveau de vie des populations défavorisées. 

D’autres conséquences du développement du tourisme de masse sont  : ·                                - la fuite de devises étrangères : les retombées économiques sont souvent mal reparties. Les investisseurs étrangers rapatrient les bénéfices et laissent peu de place à l’économie locale. De même, les touristes achètent dans leur pays d’origine des séjours complets (vol et hébergement). 

·                               -  les emplois peu valorisés : si l’activité touristique de la région a un caractère saisonnier, les emplois générés sont par définition
précaires et souvent, les fonctions les moins qualifiées sont réservées à la population locale. 
L’industrie touristique telle qu’elle est pratiquée, risque de bouleverser la diversité culturelle et les équilibres sociaux et naturels. L’impact de cette activité est étroitement lié au type de tourisme, au comportement des estivants et à la qualité des services touristiques. Or, le tourisme ne peut se développer que grâce aux richesses naturelles et culturelles d’une région. Il est donc crucial de préserver ce patrimoine. 

Il est donc apparu indispensable de mettre en place d’autres formes de tourisme qui perturbent le moins possible le système social et économique du pays d’accueil et s’inscrivent dans une perspective de développement durable. Les premières tentatives dans ce domaine datent des années 50.Ce tourisme dit « alternatif » met au centre du voyage  la rencontre, l’échange, la découverte d’autres cultures, privilégie l’implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, et une répartition plus équitable des ressources générées. 

Parmi les nombreuses propositions pour un autre tourisme, on peut distinguer divers types de formules de voyages, inscrite dans une perspective citoyenne : 1)Le tourisme responsable, axé sur la connaissance des réalités locales, de la culture, des modes de vie et aussi de la situation politique et sociale de tel ou tel groupe. Il alterne en général activités culturelles et rencontres avec des acteurs locaux (association, projets sociaux).
Objectifs : 

  • le développement économique et l’épanouissement des populations locales (par l’implication dans l’économie locale, une rémunération juste et stable des partenaires, des conditions de travail décentes, des échanges de connaissances et de bonnes pratiques…). 
  • la préservation à long terme des ressources naturelles, culturelles et sociales (tourisme durable
  • une rencontre authentique entre les voyageurs et les populations locales 

2)Le tourisme équitable, s’inspire du commerce du même nom et insiste sur la juste rémunération des acteurs locaux et l’achat de produits respectueux de l’environnement. Ce type de tourisme met en place un partenariat direct et équilibré avec les communautés locales, lesquelles sont rémunérées équitablement et participent directement au bon fonctionnement du séjour. 

Son ambition spécifique est d’assurer aux communautés vivant sur les lieux du tourisme une part équitable des revenus qu’il génère, et de concilier le tourisme avec leur développement durable. Concrètement, cela débouche sur un ensemble de critères visant au respect des habitants et de leur mode de vie, à une véritable rencontre entre les touristes et ces habitants, à la durabilité des progrès amenés par le tourisme. Les projets touristiques sont élaborés par les communautés d’accueil ou tout au moins en partenariat étroit avec elles. Ces communautés participent de façon prépondérante à l’évolution des activités des visiteurs (possibilité de les modifier, de les réorienter ou même de les arrêter). 

3)Le tourisme solidaire, met au centre du voyage l’homme et la rencontre. Le voyageur découvre ainsi la réalité d’un pays en nouant une relation saine et directe avec les autochtones. Il est fondé sur le respect de la personne, des cultures et de la nature. 
Il insiste particulièrement sur :
- La sensibilisation des voyageurs et la préparation au voyage,
- Les possibilités de contact avec la population locale : rencontres, activités culturelles, logement chez l’habitant.
- Les problématiques environnementales : sensibilisation et responsabilisation des voyageurs, gestion des déchets, gestion des ressources.
- L’implication dans un ou plusieurs projets de développement local déterminés par la population d’accueil
- Les retombées économiques locales
 

4)Le tourisme durable décrit généralement toutes les formes de tourisme alternatif qui respectent, préservent et mettent durablement en valeur les ressources patrimoniales (naturelles, culturelles et sociales) d’un territoire à l’attention des touristes accueillis, de manière à minimiser les impacts négatifs qu’ils pourraient générer. L’écotourisme (voyage responsable sur le plan environnemental et visite de milieux naturels relativement peu perturbés dans le but d’apprécier la nature ainsi que toute manifestation culturelle passée ou présente. Encouragement à la conservation ayant un impact négatif très limité et s’appuyant sur une participation active des populations locales dans le but de générer des avantages) n’en est qu’une des formes, plus centrée sur la découverte des écosystèmes, agrosystèmes ou aspects ethnoculturels de la biodiversité, incluant un tourisme de proximité qui cherche à réduire son empreinte écologique[1]. 

Un groupe de travail européen a défini le concept de « tourisme durable » comme cherchant à « concilier les objectifs économiques du développement touristique avec le maintien de la base de ressources indispensables à son existence. Plus précisément, il s’agit d’un tourisme qui assure un développement économique inscrit durablement dans le long terme, à la fois respectueux des ressources environnementales et socioculturelles et respectueux des hommes, visiteurs, salariés du secteur et populations d’accueil ». L’OMT le définit comme suit : 

Le « Développement touristique durable satisfait les besoins actuels des touristes et des régions d’accueil tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l’avenir. Il est vu comme menant à la gestion de toutes les ressources de telle sorte que les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en maintenant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique, et les systèmes vivants. » (OMT). Sous la condition que tous les acteurs concernés participent activement et s’engagent à respecter la mise en œuvre effective du tourisme durable (GTD). » Le tourisme durable s’inscrit donc dans une dynamique qui articule des modes de déplacements, de production et de consommation éco-responsables, tout en associant étroitement les populations qui vivent, travaillent ou séjournent dans l’espace concerné au projet de développement touristique et aux retombées socioéconomiques, équitablement répartis. 

Ce développement suppose un aménagement et une gestion intégrée des ressources, une maitrise des flux (d’énergie, de biens et personnes) et qui implique donc la participation étroite des acteurs locaux, et une écoresponsabilité des touristes, afin de concilier la mise en œuvre du tourisme avec les besoins et capacités d’accueil du territoire 

    

 

 

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